Mes pas dans leurs ombres
Lionel Duroy
En librairie le 23 août 2023
Journaliste, Adèle Codreanu ne s’est jamais intéressée aux pays que ses parents ont fuis avant sa naissance. Au hasard d’un reportage à Bucarest, elle découvre que les Roumains ont exterminé 400 000 juifs pendant la guerre. Pourquoi ses parents n’ont-ils jamais rien dit ?
Elle veut savoir.
Éblouie par la lecture des livres d’Appelfeld et Hilsenrath, elle se lance sur leurs traces.
Village après village, camp après camp, elle va découvrir pas à pas le martyre qu’ont enduré des dizaines de milliers de familles. Partout, malgré les indices qui subsistent, les témoignages qu’elle rassemble, elle se heurte à l’incrédulité des Roumains. Pour eux, cet holocauste n’a jamais existé.
Et pourtant si ! Le pire a été commis. Et probablement, par des membres de sa propre famille.
Pourquoi tout le monde s’obstine à le nier ? C’est impossible. C’est inacceptable. Elle va l’écrire. Elle va le crier.
Mes pas dans leurs ombres
Lionel Duroy
En librairie le 23 août 2023
Journaliste, Adèle Codreanu ne s’est jamais intéressée aux pays que ses parents ont fuis avant sa naissance. Au hasard d’un reportage à Bucarest, elle découvre que les Roumains ont exterminé 400 000 juifs pendant la guerre. Pourquoi ses parents n’ont-ils jamais rien dit ?
Elle veut savoir.
Éblouie par la lecture des livres d’Appelfeld et Hilsenrath, elle se lance sur leurs traces.
Village après village, camp après camp, elle va découvrir pas à pas le martyre qu’ont enduré des dizaines de milliers de familles. Partout, malgré les indices qui subsistent, les témoignages qu’elle rassemble, elle se heurte à l’incrédulité des Roumains. Pour eux, cet holocauste n’a jamais existé.
Et pourtant si ! Le pire a été commis. Et probablement, par des membres de sa propre famille.
Pourquoi tout le monde s’obstine à le nier ? C’est impossible. C’est inacceptable. Elle va l’écrire. Elle va le crier.


Lionel Duroy est l’auteur de plus d’une quinzaine de romans dont Le Chagrin (prix François-Mauriac, prix Marcel-Pagnol), L’Hiver des hommes (prix Renaudot des Lycéens et prix Joseph-Kessel) et Eugenia (prix Anaïs-Nin)…
photo © DR

Lionel Duroy est l’auteur de plus d’une quinzaine de romans dont Le Chagrin (prix François-Mauriac, prix Marcel-Pagnol), L’Hiver des hommes (prix Renaudot des Lycéens et prix Joseph-Kessel) et Eugenia (prix Anaïs-Nin)…
photo © DR
Extrait
Je l’ai observé tandis qu’il commandait : il avait un visage allongé aux traits fins, des cheveux blancs soyeux séparés par une raie au milieu. Précieux et impénétrable, ai-je songé.
— Pourquoi devriez-vous vous intéresser à la Roumanie ? C’est bien votre question, n’est-ce pas ? Mais madame, parce que ce pays contient votre histoire. On ne vient pas de nulle part, que vous le vouliez ou non, que vous aimiez ou non la Roumanie, vous en êtes issue.
Qu’avez-vous de commun avec les Français ? Rien. Là-bas, vous n’êtes qu’une fleur coupée, une jolie fleur, vous le savez et vous en jouez, mais vous allez bientôt vous faner, comme se sont fanés vos parents, vous éteindre et commencer à mourir. Parce que vos racines sont ici.
Si vous voulez grandir, demeurer belle et lumineuse, vivre tout simplement, retrouvez vos racines, apprenez d’où vous venez, acceptez votre histoire, nourrissez-vous de tout cela, et si ce que vous découvrez vous fait horreur, comme vous semblez le croire avant même d’avoir tenté quoi que ce soit, eh bien, vous ferez quelque chose de cette horreur. Quoi ? Je ne sais pas. Mais vous trouverez. »
Il a marqué un silence, attendant peut-être une réaction de ma part. Je n’étais pas blessée, pas encore, comme si ses mots tardaient à m’atteindre, seulement vexée de constater avec quelle aisance il avait repris le dessus.
« Avez-vous lu Aharon Appelfeld ? s’est-il enquis, comme je cherchais une réplique.
— Je n’ai même jamais entendu ce nom.
— Appelfeld est un écrivain juif, originaire de Czernowitz, en Bucovine.
— J’ai lu que la Bucovine avait été occupée par Staline en 1940.
— Elle appartenait à la Roumanie, qui l’a reprise aux Russes durant l’été 1941. Les Juifs de Bucovine ont alors été martyrisés, puis exterminés par notre armée, l’armée du général Antonescu. Appelfeld avait une dizaine d’années en 41, nos soldats ont tué sa mère, lui a pu prendre la fuite et il a erré dans les forêts d’Ukraine durant toute la guerre avant de pouvoir gagner la Palestine.
— Pourquoi me racontez-vous cela ?
— Pour vous dire qu’Appelfeld a construit une œuvre à partir des horreurs dont nous parlions.
Tout à l’heure, vous avez semblé surprise que je n’aie pas fui la Roumanie comme l’ont fait vos parents, en dépit de la peur que je ressentais chaque jour. J’aurais pu ; comme hématologue et professeur j’étais régulièrement invité à des congrès, aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en France, et autorisé à y aller. Jamais je n’ai voulu quitter mon pays, et aujourd’hui je m’en félicite. »

Lionel Duroy est l’auteur de plus d’une quinzaine de romans dont Le Chagrin (prix François-Mauriac, prix Marcel-Pagnol), L’Hiver des hommes (prix Renaudot des Lycéens et prix Joseph-Kessel) et Eugenia (prix Anaïs-Nin)…
photo © DR
En librairie le 23 août 2023
Autres livres
chez Mialet-Barrault
Azincourt, un joli nom de village, le vague souvenir d’une bataille perdue. Ce 25 octobre 1415, il pleut dru sur l’Artois. Quelques milliers de soldats anglais qui ne songent qu’à rentrer chez eux se retrouvent pris au piège par des Français en surnombre.
Tandis qu’au volant de sa voiture de location, il fait le tour de la France par les bords, Philippe Jaenada ne peut s’ôter de la tête l’image de cette jeune femme qui, à l’aube du 28 novembre 1953, s’est écrasée sur le trottoir de la rue Cels, derrière le cimetière du Montparnasse. Elle s’appelait Jacqueline Harispe, elle avait vingt ans, on la sur nommait Kaki. Elle passait son existence Chez Moineau, un café de la rue du Four où quelques très jeunes gens, serrés les uns contre les autres, jouissaient de l’instant sans l’ombre d’un projet d’avenir...
Elle a passé son enfance et son adolescence dans une ville ouvrière sur la frontière allemande. Sa mère a eu dix enfants. Six d’un juif autrichien et quatre d’un Algérien. Elle est la fille de l’Algérien, mais porte le nom du Juif. Vive, intelligente, rebelle, rien ne l’arrête.
Au pied du Sacré-Cœur où il habite, la vie n’a pas gâté Nestor. Rejeté à sa naissance par sa mère qui n’a pas supporté qu’il soit anormalement petit, il vit chez sa grand-mère qui l’a recueilli et qu’il adore. Elle subvient à leurs besoins avec sa maigre retraite de professeur de français tandis que son petitfils, animé d’une inlassable vitalité et d’un incurable optimisme, cherche et trouve mille occasions d’améliorer leur ordinaire dans ce quartier de Barbès où s’entremêlent tous les peuples, tous les destins, tous les désespoirs. Yasmina Khadra fait ici un portrait éblouissant de ce quartier singulier et de sa population.



