La fantaisie
Murielle Magellan
En librairie dès le 3 janvier 2024
Murielle Magellan
En librairie dès le 3 janvier 2024
Sortant d’une cruelle et longue dépression où elle a failli perdre tout ce qu’elle aime, Mona tente de se reconstruire en s’installant dans un minuscule appartement d’une tour de banlieue parisienne. Les marches de l’escalier qui conduit au lit-mezzanine sont astucieusement aménagées en casier de rangement mais l’un d’entre eux est scellé. À l’intérieur, elle découvre le manuscrit qu’un jeune homme a enfoui là vingt ans plus tôt. Insolent et drôle, le texte lui donne envie de retrouver l’auteur. Mais que reste-t-il des jeunes gens audacieux après vingt ans de vie ordinaire ? Où ont disparu les désirs, les énergies, les fantasmes ? Où se sont perdus les éclats de rire et la rage de vivre ? Peut-on réinventer la fantaisie ?


Murielle Magellan est romancière, cinéaste, scénariste et dramaturge.
Après Géantes (2021), La Fantaisie est son septième roman.
Photo Pascal Ito © Flammarion
Extrait
Par réflexe, Mona jette un œil à l’intérieur de la marche, baigné d’obscurité. Au fond du casier, un reflet blanc attire son attention. Elle ne parvient pas à distinguer ce que c’est, mais il y a bien un objet placé là. Décontenancée, elle se demande si elle n’a pas joué avec les secrets de cet appartement. Elle se remémore sa propriétaire inoffensive. Aurait-elle enfermé ici un de ses méfaits, la preuve d’un meurtre ou d’une fraude fiscale ? Mona ne peut résister à la curiosité. Elle active la lampe de poche de son téléphone portable, éteint la musique au passage et éclaire l’intérieur du compartiment. Le rayon lumineux s’engouffre dans la boîte obscure. Mona penche la tête pour regarder. Se redresse. Glisse son bras qu’elle étire à son maximum. Ses doigts s’agitent à la recherche de l’objet ; l’atteignent. La chose, au toucher, confirme ce que ses yeux avaient présumé. Il s’agit de feuilles de papier reliées par une spirale en plastique et protégées par la rigidité d’une page de garde cartonnée. Une sorte de document, donc. Elle l’extrait de son antre ; le secoue afin qu’il libère sa poussière. Elle le tape sur sa cuisse pour la même raison, mais aussi pour retarder le moment de la révélation. Elle le considère enfin à la lumière du jour. La couverture est blanche et ne divulgue rien. Il faut donc l’ouvrir. Ce qu’elle fait.
En librairie dès le 3 janvier 2024
Autres livres
chez Mialet-Barrault
Pourquoi ce livre ? Parce qu’il y a de quoi être excédé quand on est pris entre deux feux, tous les jours, depuis des décennies : d’un côté le racisme, l’ignorance et ceux qui confondent « Arabe » et « islamiste » ; de l’autre, certains Arabes, qui leur facilitent la tâche, par leur esprit borné ou leur fanatisme religieux. La partie n’est pas simple – et les coups pleuvent des deux côtés, pour celui qui est pris, à son corps défendant, dans les feux croisés.
Je suis de gauche. En fait, c'est pire. Je suis gauchiste. De naissance, excusez du peu. Je suis toujours gauchiste, mais je ne suis plus enfant de chœur de l'armée rouge. Adulte, jai des mauvaises pensées. Jai lu Weber, et je me suis dit: pourquoi pas. Jai dit du mal des syndicats. Jai oublié lodeur des lacrymos, moi qui ai fait les « Nuits debout » et qui marchais dans les manifs avant de savoir marcher. Est-ce que la tentation de la droite s'insinuerait en moi? Et si mon âme était corrompue? Oh mon Dieu, je parle d'âme et je dis oh mon Dieu. Mon cœur ségare, mes cheveux tombent. Je dois rentrer en mon être à la rencontre du garçon que jétais à sept ans. Il est venu, le temps d'écrire mes confessions, mes souvenirs encore tendres de cette enfance, celle d'une fleur de barricade éprise de discipline, mère de liberté.
À paraître le 12 avril 2023.
Les marranes sont les Juifs d’Espagne et du Portugal qui, au XVIe siècle, se sont convertis au catholicisme tout en continuant à pratiquer leur religion en secret.
Pour rendre compte de ce temps, Michèle Sarde a choisi de mettre en scène Doña Gracia, une femme étonnante qui joua un rôle considérable à cette époque troublée. Issue d'une riche famille de marranes, elle fut amenée très jeune à diriger la « banque » Mendes, rivale de celle des Médicis. Rois et princes empruntèrent sans relâche à la riche banquière en la menaçant sans scrupules de la livrer aux inquisiteurs. Avec une audace rare et une intelligence aigüe, Doña Gracia ne cessa de jouer avec le feu. Disséminés dans toutes les villes mar-chandes d’Europe, ses agents commerçaient activement et servaient de relais aux marranes en fuite. Le jour où le danger devint trop pressant et quand Charles Quint vou-lut la déposséder de sa fortune, elle décida de fuir Anvers. Alors commença un extraordinaire périple qui la conduisit jusqu’à Istanbul, où Soliman le Magnifique l'accueillit et la protégea. De la Corne d'or, elle osa boycotter le port d'Ancone, fief des États pontificaux, coupables d'avoir condamné les Juifs au bûcher.Au cœur de Casablanca, réunis au Café de l’Univers, quelques amis de longue date conviennent de raconter chacun, à tour de rôle, une histoire remarquable puis d’en tirer une morale, une leçon ou même plusieurs. Vous apprendrez comment des femmes décidées peuvent, en moins de trente jours, se trouver le mari qu’elles ont choisi ; vous ferez la connaissance de l’homme qui possède la paire de gants la plus chère du monde ; vous verrez comment le destin d’une femme a pu basculer en prenant un rond-point à l’envers, et vous découvrirez comment une vie peut changer du tout pour une simple discussion sur un trottoir de Casablanca entre un directeur d’école et un parent d’élève.



