Elle Leur Dira Dans La Prairie
Danièle Saint-Bois
En librairie dès le 9 mars 2022
Elle s’est levée très tôt pour préparer la fête. Elle a insisté pour qu’ils soient tous là. Son fils, sa fille, leurs conjoints, leurs enfants. Et même son ex, s’il tient à en être. Elle veut leur dire.
Elle veut qu’ils sachent qu’à soixante-dix ans, elle est follement amoureuse. Elle veut qu’ils sachent le miracle de cette rencontre. A-t-elle bien tout prévu ? Pourra-t-on déjeuner dans le pré ? Ne s’est-elle pas trompée de jour ? Saura-t-elle trouver les mots ?…


Danièle Saint-Bois a publié une quinzaine de romans depuis Galapagos, galapagos (Stock, 1979), dont Marguerite, Françoise et moi (Julliard, 2009) et La Fille du troisième (Julliard, 2019).
Extrait
Quelle heure est-il ? Ils ont dit treize heures. Dans huit heures exactement. Exactement je n’en sais rien. Exactement ce serait à la seconde près. Au millième de seconde près. Tous ces mots que l’on emploie par facilité, alors qu’on ne sait rien ! On suppose, on certifie, on croit que…
quelle fumisterie ces mots-là. Exactement, alors que rien n’est exact, précisément, alors que rien n’est précis, infiniment, alors ça c’est le bouquet, tout à fait, alors que tout ne fait jamais rien, Je vous en prie, quelle hypocrisie ! Et le fleuron : absolument. Je suis absolument désolée. Vous avez absolument raison. Chapeau, merci. Certainement demande réflexion. En tout cas disons grosso modo qu’ils arriveront d’ici une bonne demi-journée. J’oubliais :
magnifique, à toutes les sauces ; exceptionnel, du temps qu’il fait, qu’il soit bon ou mauvais, au dernier film de… De qui ? C’est qui le maître de l’exceptionnel, on ne sait pas, chacun le sien. Et, hors catégorie : résilience. Un peu silence, pas du tout alliance, mais poisseux, dégoulinant des bouches médiatiques, évangile selon Tartuffe. Bien pratique pour dire voyez comme je suis gentil. Comme nous sommes sans crainte et sans haine, comme nous pouvons dire je le jure !
Revenir au vrai sens des mots. Il est plus que temps.
En librairie dès le 9 mars 2022
Autres livres
chez Mialet-Barrault
Silencieux et docile, Marcel n’a jamais eu, de toute sa vie, d’autres horizons que les murs de son usine. L’usine est assassine. Elle brutalise, humilie, écrase, dégrade, mutile. Dans ce roman singulier, à la fois cruel et tendre, Arthur Nesnidal utilise tous les styles d’écriture, de la prose au calligramme en passant par les formes les plus diverses de l’expression poétique et théâtrale pour expri-mer la solitude effrayante à laquelle sont condamnés cer-tains de nos contemporains.
La troupe s’ébranle. Elle marche au pas, puis l’allure augmente et c’est le galop. Le chef lance un deuxième cri. Les cavaliers se dressent sur leurs étriers et brandissent haut leurs fusils. Le chef donne le troisième signal. De la bouche de chaque fusil jaillit l’éclat de lumière et puis c’est la déflagration, une seule détonation faite de quinze autres, sinistre, ef-frayante, qui retentit dans le ciel...
Après un véritable parcours du combattant qui les a conduits en Amérique du Nord dans l’univers kafkaïen de la gestation pour autrui, David et Alessandro sont devenus les heureux parents de Léa et Diego, d’adorables jumeaux. Dix ans plus tard, la petite fille se retrouve porteuse d’une maladie orpheline et incurable. Seule une greffe de moelle peut la sauver. Mais comment retrouver la donneuse d’ovocytes, la seule qui soit absolument compatible, alors que tout a été fait pour qu’elle reste anonyme ? En partant d’un prélèvement de cellules de la joue de l’enfant et en passant au crible les bases internationales d’ADN, l’un des pères devra traverser la moitié du globe pour retrouver l’unique personne au monde qui puisse sauver sa fille.
Une déambulation souriante au milieu des êtres et des choses.
La véritable élégance ne connait pas les modes. Le dernier cri est celui que vous inventerez demain, au hasard de votre humeur et de votre fantaisie. Chargé d’émotions contradictoires, il jouera sur des tonalités dissonantes et ce bruit léger pourtant grave vous fera venir aux lèvres sourires et sanglots. Rares sont les écrivains qui savent dire ces choses. Jacques A. Bertrand est de ceux-là. Dans ce recueil de textes où s’expriment tout son talent et sa liberté d’esprit, il vous invite à le suivre dans une déambulation souriante au milieu des êtres et des choses.



