DISPUTATIO
Collection dirigée par Sophie Nordmann et Mazarine Pingeot.
En partenariat avec l’association Disputatio contemporaine www.disputatio-contemporaine.org

DISPUTATIO
dirigée par Sophie Nordmann et Mazarine Pingeot.

Les déchirements de la laïcité
En librairie dès le 15 mars 2023

Jean Baubérot est historien et sociologue, directeur d’études puis président d’honneur de l’EPHE.
Nathalie Heinich d’Allonnes est sociologue, directrice de recherches au CNRS.
« La laïcité induit d’intenses controverses » rappelle l’historien et sociologue Jean Baubérot au seuil de cette correspondance musclée avec la sociologue Nathalie Heinich. Leurs échanges le confirment.
Ce fleuron de l’identité française est l’objet de violents différends sans cesse réactivés par l’actualité : des burkinis aux hijabeuses – footballeuses revendiquant le port du voile – polémiques qui n’opposent pas laïques et anti-laïques mais une laïcité à une autre. Au nom de quelle laïcité parle-t-on ?Quelle laïcité voulons-nous défendre ?
Si Jean Baubérot prône une laïcité de « concessions », à l’ins-tar d’Aristide Briand, architecte de la loi de 1905, Nathalie Heinich refuse les « compromis » dès lors que pointe, à ses yeux, l’offensive islamiste qui profiterait de chacun de nos retraits, qu’elle considère comme autant de renoncements aux valeurs républicaines. Derrière la laïcité, c’est la ques-tion de la République qui se pose, mais également celle de la frontière entre sciences sociales et militance que réaffirment les auteurs chacun à leur manière, tout en se réclamant tous deux de Max Weber. Si la conflictualité est signe de bonne santé démocratique, cette Disputatio en est un modèle.

Jean Baubérot est historien et sociologue, directeur d’études puis président d’honneur de l’EPHE.
Nathalie Heinich d’Allonnes est sociologue, directrice de recherches au CNRS.
Argument
« La laïcité induit d’intenses controverses » rappelle l’historien et sociologue Jean Baubérot au seuil de cette correspondance musclée avec la sociologue Nathalie Heinich. Leurs échanges le confirment.
Ce fleuron de l’identité française est l’objet de violents différends sans cesse réactivés par l’actualité : des burkinis aux hijabeuses – footballeuses revendiquant le port du voile – polémiques qui n’opposent pas laïques et anti-laïques mais une laïcité à une autre. Au nom de quelle laïcité parle-t-on ?Quelle laïcité voulons-nous défendre ?
Si Jean Baubérot prône une laïcité de « concessions », à l’ins-tar d’Aristide Briand, architecte de la loi de 1905, Nathalie Heinich refuse les « compromis » dès lors que pointe, à ses yeux, l’offensive islamiste qui profiterait de chacun de nos retraits, qu’elle considère comme autant de renoncements aux valeurs républicaines. Derrière la laïcité, c’est la ques-tion de la République qui se pose, mais également celle de la frontière entre sciences sociales et militance que réaffirment les auteurs chacun à leur manière, tout en se réclamant tous deux de Max Weber. Si la conflictualité est signe de bonne santé démocratique, cette Disputatio en est un modèle.

Argument
« La laïcité induit d’intenses controverses » rappelle l’historien et sociologue Jean Baubérot au seuil de cette correspondance musclée avec la sociologue Nathalie Heinich. Leurs échanges le confirment.
Ce fleuron de l’identité française est l’objet de violents différends sans cesse réactivés par l’actualité : des burkinis aux hijabeuses – footballeuses revendiquant le port du voile – polémiques qui n’opposent pas laïques et anti-laïques mais une laïcité à une autre. Au nom de quelle laïcité parle-t-on ?Quelle laïcité voulons-nous défendre ?
Si Jean Baubérot prône une laïcité de « concessions », à l’ins-tar d’Aristide Briand, architecte de la loi de 1905, Nathalie Heinich refuse les « compromis » dès lors que pointe, à ses yeux, l’offensive islamiste qui profiterait de chacun de nos retraits, qu’elle considère comme autant de renoncements aux valeurs républicaines. Derrière la laïcité, c’est la ques-tion de la République qui se pose, mais également celle de la frontière entre sciences sociales et militance que réaffirment les auteurs chacun à leur manière, tout en se réclamant tous deux de Max Weber. Si la conflictualité est signe de bonne santé démocratique, cette Disputatio en est un modèle.
Jean Baubérot est historien et sociologue, directeur d’études puis président d’honneur de l’EPHE.
Nathalie Heinich d’Allonnes est sociologue, directrice de recherches au CNRS.
Extrait
La laïcité induit d’intenses controverses. Notre disputatio doit l’envisager également comme un objet d’études scien-tifiques. Nous reviendrons sans doute sur ce que doit être l’attitude du chercheur en sociologie et sur la fameuse neu-tralité axiologique chère à Max Weber sur un sujet aussi brûlant que celui de la laïcité. Mais nous pouvons d’ores et déjà affirmer que le choix d’un objet d’études, lui, n’est jamais neutre, voire qu’il est un « aveu autobiographique » pour reprendre l’expression du sociologue Vincent de Gaulejac. Au regard de mon parcours, je ne peux lui don-ner tort. Aussi commencerai-je en revenant succinctement sur les grands jalons qui m’ont mené jusqu’à aujourd’hui et à notre disputatio – preuve s’il en est que la laïcité n’a pas perdu sa charge polémique – bien que la polémique ait elle aussi une histoire. Il me semble que l’évocation de mon parcours permettra d’expliquer « d’où » je parle. Mais surtout – car je me méfie également de tout « biogra-phisme » – cela montrera que la laïcité « pose problème » depuis aussi longtemps (bien plus en réalité) que je suis en âge de la penser. Autrement dit, donner les jalons de mon engagement, c’est également donner quelques dates clés de l’histoire la plus récente de la laïcité, même si les deux ne coïncident pas toujours, et que j’ai entrepris d’approfondir ma recherche au moment où la laïcité n’intéressait plus. Bien m’en a pris.
Je réalise en vous lisant à quel point j’ai été peu précoce, en tout cas en matière d’intérêt pour les questions de laïcité et de religion : j’ai toujours su que j’étais un peu lente, mais à ce point ça en est comique ! Vous brillez, encore lycéen, et par votre engagement militant pour la laïcité, et par votre réflexion historienne sur les prémices de la loi de 1905 ; tandis que pour ma part j’ai attendu d’être plus que sexagé-naire pour m’engager au Comité laïcité République, puis à l’association Unité laïque, après mon adhésion dès 2016 au Printemps républicain, puis pour répondre à la demande de Jean-Pierre Sakoun en proposant de rédiger à plusieurs mains un Bêtisier du laïco-sceptique.
Une autre différence majeure entre nous est que la laï-cité, pas plus que la religion, ne figure au centre de mes recherches : ma spécialisation en tant que sociologue est principalement l’art, secondairement l’identité et, de plus en plus, les valeurs. À côté de vous je fais donc figure, au mieux, d’amateur, au pire d’inculte. Ne me restent donc que mes convictions pour armer cette disputatio avec quelqu’un d’aussi spécialisé et engagé de longue date que vous : suffiront-elles à rendre nos échanges intéressants ? La réponse ne nous sera donnée qu’à la fin de l’expérience.
En librairie dès le 15 mars 2023
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